Ceintures

Je les utilise personnellement depuis plusieurs années et avec différents niveaux bien que je n’ai jamais eu l’occasion de tester au CP. J’ai commencé par les ceintures de calculs puis progressivement dans d’autres domaines mais pas dans toutes car certaines me paraissent lourdes à gérer ou inadaptées pour visualiser le niveau des élèves.

Ce fonctionnement était encore très peu usité quelques années en arrière mais nombre de ceintures dans différentes matières fleurissent maintenant sur internet, chacune adaptée au fonctionnement et à la progression de l’enseignant. On peut donc facilement trouver chaussure à son pied.

Je vous présente ici pourquoi j’aime ce système, ce qu’il apporte à mes élèves et comment l’utiliser. Les ceintures que j’ai pu mettre en oeuvre sont ensuite présentées dans chaque article. A vous de trouver les vôtres!

Objectif

Il s’agit tout simplement de fonctionner à la manière des ceintures de judoka (ou autre sport selon vos affinités !) en démarrant au blanc, qui représente le début des apprentissages, et progressivement de tenter d’atteindre le noir lorsque l’ensemble des apprentissages dans le domaine sont acquis.

Progression d’une ceinture en conjugaison

Ce principe permet à chaque élève de progresser à son rythme personnel, indépendamment de celui de ses camarades. Il me semble que tous les acteurs y trouvent leur compte:

  • C’est très valorisant pour les bons élèves qui peuvent avancer sans attendre les autres.
  • Chacun peut voir concrètement ses progrès à chaque nouvelle ceinture acquise. Tous mes élèves ont toujours parus très fiers quand ils constatent que leur ceinture a été validée.
  • Il faut bien sûr veiller à ne pas laisser certains élèves bloqués sur une ceinture. Mais il y a toujours un domaine où ils sont plus performants.
  • Les parents semblent apprécier quand leurs enfants rentrent en leur annonçant: « Aujourd’hui j’ai réussi la ceinture rouge ! »
  • Le suivi des ceintures permet à l’enseignant de suivre les acquis de chacun tout en permettant facilement l’organisation de remédiation avec ceux qui sont en difficulté.

Pour commencer

Personnellement, je conseille de commencer par les ceintures de calculs: tables de multiplication, calcul mental ou calcul posé, homophones. Ce sont les plus simples à gérer.

Il n’est pas nécessaire de commencer au début de l’année si l’on ne se sent pas prêt. La première année où j’ai testé les ceintures, j’ai même commencé en période 5 avec des ceintures de tables pour des CM1. Ils ont vite progressé dans les couleurs et cela m’a familiarisé avec le principe pour l’année suivante.

Au début, je ne vous cache pas que ce système nécessite organisation et souplesse. Il ne s’agit donc pas de se lancer tête baissée dans les ceintures pour tous les domaines d’apprentissage. Vous et les élèves seriez débordés.

Il faut penser à choisir un système de rangement et de suivi des ceintures.

Ensuite, d’année en année, on peut introduire d’autres domaines d’apprentissage.

Fonctionnement

Selon les ceintures, le mode de passation n’est pas le même et le temps à y consacrer non plus.

Je vous conseille personnellement de prévoir un créneau « passation de ceintures » dans votre emploi du temps, surtout au début. Faute de quoi, on oublie de les faire passer et, soit ils doivent en passer plusieurs d’un coup et cela devint un peu rébarbatif, soit ils ont un peu oublié la leçon concernée par la ceinture et un rappel est nécessaire.

Pour ma part, ce créneau est inclus dans mes ateliers de mathématiques et de français au moins une fois par semaine. Ainsi, pendant que certains élèves travaillent sur leur ceinture, je m’occupe des autres en petits groupes.

Concrètement, je regarde sur mon tableau de suivi quels élèves en sont à la ceinture blanche, je distribue les fiches correspondantes. Pour chaque ceinture, j’ai au moins deux modèles de test pour que les voisins n’aient pas le même ou pour un deuxième passage. Puis je regarde ceux qui en sont à la jaune, je distribue et ainsi de suite.

Certaines ceintures sont plastifiées et donc réutilisables après correction, par exemple la grammaire. D’autres sont à coller avec le travail à faire sur le cahier, par exemple les calculs posés, les problèmes. D’autres enfin sont chronométrées (les tables en particulier) et toute la classe passe donc en même temps.

Quand j’ai corrigé, je note dans mon tableau les ceintures validées avec la date. Puis je l’annonce aux élèves concernés qui colorient la ceinture dans leur cahier personnel de suivi (dans ma classe, c’est dans leur cahier de réussite).

Pour les élèves qui n’ont pas validé, je leur montre pourquoi. Je peux leur demander de corriger, ou de refaire un exercice d’entraînement ou de participer à un atelier de remédiation, surtout s’ils ont raté cette ceinture plusieurs fois.

Je préfère ne pas afficher les progressions en ceintures dans la classe. D’abord cela prend énormément de place. Et puis je trouve que c’est un peu humiliant pour les élèves qui ont du mal à avancer. Par contre il m’arrive de féliciter oralement – et même les élèves applaudissent leur camarade – quand un élève réussit une ceinture longtemps travaillé ou atteint la ceinture noire.

Lien avec les leçons

Et pour les leçons ? Vous vous demandez peut-être comment travailler sur les leçons puisque les élèves ne sont pas tous au même niveau dans leurs ceintures. Cela est indépendant. Je m’explique.

Tous les élèves suivent les leçons normalement dans la classe, avec les exercices d’entrainement, en fonction de votre progression. En effet, on sait bien que l’on ne peut pas toujours attendre que tous aient parfaitement acquis une notion avant de passer à la suivante.

Certains élèves passeront donc la ceinture qui correspond exactement à la leçon en cours, d’autres une ceinture en rapport avec les leçons précédentes. Ce n’est pas important puisque les leçons précédentes restent acquises… normalement !

C’est pourquoi il faut absolument prévoir de remédier aux difficultés d’un élève qui reste « bloqué » sur une ceinture ou lui faire un petit rappel avant le passage. Et si vraiment une notion reste un obstacle, pourquoi ne pas passer la ceinture orange même s’il n’a pas réussi la jaune ? Cela l’encouragera et il réussira la jaune plus tard.

Il vous arrive certainement aussi de devoir « alimenter » des élèves qui apprennent vite et risquent de s’ennuyer en classe. Après une leçon et des exercices en autonomie, ils peuvent passer à une ceinture dont la leçon n’a pas été vue collectivement.

Bref, ce système est flexible et valorisant pour tous ! Alors… lancez-vous !

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